Le projet d’aménagement d’une maison ancienne se fait d’abord dans le respect des espaces existants. Les riads et les maisons traditionnelles du Maroc sont constitués de pièces organisées symétriquement autour d’un espace ouvert. Ce principe de symétrie servira de base au projet d’aménagement. Pour le jardin : point d’eau centrale entourée de jardins. Dans les axes des façades : portes, b’hou ou sekaïa (fontaine murale). Dans les pièces : fenêtres encadrant les portes et alcôves latérales. Les espaces de service (cuisine, salles d’eau, circulations) occuperont de préférence les angles. Un certain nomadisme doit être favorisé dans la maison en fonction des saisons en évitant les aménagements et les mobiliers « en dur » (podiums, banquettes et tables maçonnées). Les escaliers tournent sur eux-mêmes en s’appuyant sur des maçonneries. Les constructions ne dépasseront pas le niveau R+1 autorisé. Au niveau des terrasses, l’arrivée de l’escalier sera parfois prétexte à l’aménagement d’une petite pièce de rangement. Dans la mesure du possible on élèvera les murs périphériques, autant pour garantir l’intimité des terrasses que par respect pour le voisinage. Pas de piscines sur les toits ; un bassin d’eau de petites dimensions et de faible profondeur (20cm) pourra dans certains cas être proposé au niveau du jardin du riad». Il s'agit de protéger l’architecture traditionnelle du riyad qui prévoit une symétrie des espaces situés autour du patio central. Ceci reflète aussi certains principes de la Charte de Venise (Charte Internationale Sur la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites 1964), en ce qui concerne les notions de respect de la tradition, d’entretien permanent du bien patrimonial, de préservation du cadre traditionnel de celui-ci où sont proscrits toute construction nouvelle, toute destruction et tout aménagement qui pourrait altérer les rapports des volumes et des couleurs.Le respect de la tradition et de l’authenticité architecturale n’empêche pas, bien entendu, d’adapter le riad au confort d’une habitation moderne. Nous savons que le manque de réglementation a permis à nombreux propriétaires d’agir selon leur propre désir et goût dans la réhabilitation des riyads, sans respect parfois des principes de conservation du patrimoine et de la sauvegarde de son intégrité historique. Bien que la relation entre tradition et modernité soit dynamique et que les valeurs héritées soient réinterprétées et intégrées aux nouvelles situations, cela doit s’inscrire dans un cadre architectural clair selon des règles établies. Actuellement dans la médina certains propriétaires ont installé des ascenseurs pour monter au seul étage existant, aménagé piscines et des jacuzzi sur les toits, certains mêmes, n’hésitant pas à donner un bakchich pour obtenir la permission de rehausser leur maison dans un périmètre où la hauteur est strictement limitée à 8,50 mètres. [|http://www.riad-jmya.com/riad-tradition.htm|fr]